Tunisie : la qualité des SI grâce au cloud et aux solutions ouvertes
A l’issue d’un séminaire qui a réuni, il y a deux mois, à Tunis, une trentaine d’entreprises françaises et tunisiennes sur le thème du logiciel libre, les premiers projets commencent à se concrétiser. Kalis, une SSII française et Open Vision, une entreprise tunisienne ont projeté de créer une filialeNearshore commune.

La rencontre devait permettre aux entreprises de la FNILL (Fédération nationale française de l'Industrie du logiciel libre) et de l'APOS (Association tunisienne des professionnels de l'open source) de concrétiser des échanges et des partenariats. Prenant part à cette rencontre, Daniel Schaefer, président de Kalis et membre de la délégation française, a été le premier entrepreneur à concrétiser un partenariat avec l’entreprise tunisienne Open Vision dans l’intention commune de créer une usine pour tester les logiciels. « Nous nous acheminons vers la création d’une filiale commune entre nos deux entités dont le siège serait basé à Tunis pour fournir des solutions de tests à base de solutions open source et low cost à des clients français et africains, ceci à des tarifs très compétitifs. L’usine devrait voir le jour dès le premier semestre de l’année 2012 avec, pour démarrer, un effectif de quelques consultants », explique Daniel Schaefer.
Au-delà de la fourniture de prestations de services de tests à moindre coût le groupement franco-tunisien vise à innover en proposant des services offshore à distance via le cloud en mode SaaS (Software as a Service). Concrètement les clients de la filiale n’auront plus à investir dans des serveurs et des licences logicielles ni dans le savoir-faire d’experts très onéreux. La filiale commune de Kalis et Open Vision compte fournir à ses futurs clients la location de ses services auxquels les utilisateurs clients pourront accéder en ligne via des solutions en mode SaaS. In fine : un usage à la carte, souple, au plus près de leurs besoins, donc low cost. « Le cloud présente, en outre, l’avantage d’accélérer le déploiement des applications par une mise à disposition immédiate », explique Daniel Schaefer.
L’entreprise compte se spécialiser notamment dans le conseil « outillé » pour les DSI en proposant des services de méthodologie, des retours d’expériences probantes et une série de solutions logicielles innovantes et performantes notamment en analyse de codes automatisée et en gouvernance des systèmes d’information.
Attrait de la Tunisie
La qualité de la main d’œuvre, la proximité géographique avec la France et le partage d’une langue commune sont autant d’atouts qui ont fini par séduire l’entrepreneur français et l’ont amené à se rapprocher de la Tunisie. Un projet qu’il peaufinait pourtant avant la révolution tunisienne. Mais les rapides changements en cours depuis la fin des événements le confortent finalement dans sa conviction. « Les niveaux de salaires ne sont pas comparables avec la France. Actuellement, le salaire brut pour un consultant junior tunisien est d’environ 7 000 euros par an alors qu’en France, il est quatre à cinq fois plus élevé. (…) C’est à peu près le même écart de coûts entre une solution (service compris) de tests Open source et celui d’une solution de tests propriétaire », commente Daniel Schaefer.
Au-delà de la création d’une usine commune pour produire des tests, il s’agit avant tout d’un concept dont le but est de vendre des solutions auprès de cibles identifiées en France, au Maghreb et en Afrique au Sud du Sahara, mais aussi de donner une chance à des jeunes tunisiens diplômés à la recherche d’un emploi intéressant et aussi à des jeunes consultants tunisiens prometteurs, de s’investir dans un nouveau métier qu’est le testing de logiciels et de bénéficier de la technologie développée en France dans les pôles de compétitivités.
Des structures 100% open source
L’Open source est une solution riche qui permet de surmonter plusieurs contraintes posées par les logiciels propriétaires comme celle liée à la rigidité des roadmaps. « Aujourd’hui, avec l’Open source, on a la flexibilité, la fiabilité, la pérennité ou encore la transparence. Il y a néanmoins, un autre avantage qui commence à se faire de plus en plus déterminant: le confort de l'utilisateur », explique Daniel Schaefer.
Un appel d’offres FUI (fonds unique inter ministériel) c'est-à-dire financé pour partie par l’Etat français, a été récemment gagné par un consortium d’entreprises dont Kalis pour la réalisation d’un important projet open source baptisé Squash Software QUality enHancement, qui consiste à concevoir et à réaliser une usine à tester entièrement en logiciels libres. « En partenariat avec l’Inria, Generali, l’université Paris VIII et une autre PME francilienne, Henix, nous sommes entrain de bâtir une méthodologie et une solution open source complète pour industrialiser les tests applicatifs. » Le projet est piloté par le DGCIS (Ministère des finances) et il est soutenu par différents financeurs tels qu’OSEO, le Conseil Général des Hauts de Seine, la Région ile de France. Dans moins de deux ans, ce projet devrait aboutir à la livraison d’une solution innovante et complète de testing. Cette solution est très attendue par beaucoup d’entreprises du CAC 40 qui pourront ainsi adopter, puis déployer, cette solution dans leurs propres environnements. Il s’agira là d’une véritable alternative aux solutions proposées par les grands groupes comme HP et IBM.
Kalis pionnier de l’Open source pour tous grâce au cloud
Créée en 2005, la société Kalis s’est vue distinguer, entre 2005 et 2009, à plusieurs reprises : prix de la création d’entreprise, prix de la jeune entreprise, label de PME innovante, lauréat 2011 PM’UP de la Région Ile de France avec 30 autres entreprises œuvrant dans le système d’information en région parisienne. Membre de Systematic, le pôle de compétitivité « logiciels complexes » de la région Ile de France, Kalis est également labellisée OSEO comme entreprise innovante ce qui lui permet d’accéder aux différents financements mis en place pour investir dans la recherche et le développement. Avec un effectif d’une quinzaine de salariés, Kalis a réalisé en 2010, un CA de 1,6 million d’euros. Kalis intervient particulièrement dans les domaines bancaires, de l’assurance et de l’industrie avec des clients comme Generali, BNP Paribas, Crédit Coopératif, EDF, CNAM, CNAV, etc.
Après avoir fait ses preuves auprès des grands comptes, Kalis souhaite, à présent, poursuivre son déploiement en direction du middle market avec une approche low cost. « En réalité, cette cible a les mêmes besoins que les clients grands comptes. Il suffit d’offrir à ce marché des solutions plus adaptées au besoin et à des prix beaucoup plus abordables », explique Daniel Schaefer. Pour lui l’approche en mode SaaS permet aux clients de s’affranchir des investissements liés à l’acquisition des licences, des serveurs et du savoir-faire tout en bénéficiant de solutions « clé en main » et à des tarifs compétitifs. L’objectif est de démocratiser l’accès aux ressources.
MD
Tunisie : allier le logiciel libre à la liberté retrouvée des populations
Plusieurs thèmes pour mieux connaitre les projets construits avec des briques de logiciel libre sont en cours de lancement et sont susceptibles de transformer durablement la vie du Tunisien surtout au moment de la liberté retrouvée, comme par exemple le vote électronique, le cahier de doléances électronique, pour une meilleure participation de la population au processus démocratique en cours.
Globalement, il ressort de ces rencontres que les entreprises tunisiennes et françaises du logiciel libre souhaitent se rapprocher et renforcer leurs collaborations. D’autant plus que le logiciel libre est un axe majeur pour la Tunisie qui va prochainement se doter d'un pôle de compétence dans ce domaine à l’image du pôle de compétitivité en logiciels complexes Systematic Paris Région Ile de France.
MD
Article de Mohamadou DIALLO publié dans CIO MAG No 19








