Le Kenya inaugure sa première cour de justice virtuelle
Le Kenya vient de lancer une Cour de justice virtuelle dans le but de désengorger ses tribunaux. Aujourd’hui, beaucoup de Kenyans ont perdu confiance dans le système judiciaire du pays qu'ils disent être un système corrompu et qui laisse beaucoup de suspects en détention préventive pendant des années le temps que leur cas soit examiné. Le projet a été lancé lors des réformes prescrites par une nouvelle constitution dévoilée en août dernier. L’objectif consiste à utiliser les technologies de vidéoconférence pour permettre à un plaideur ou à un avocat de comparaitre devant un juge ou un magistrat par une vidéo en direct. « C’est essentiel pour une bonne administration de la justice de traiter et de résoudre les dossiers de plus en plus rapidement, en gagnant du temps et en améliorant le service donné aux victimes, témoins et défendeurs » a affirmé le Président du Tribunal Evans Gicheru lors de la cérémonie d’ouverture du Tribunal.

Dossiers numérisé et sauvegardés
Beaucoup de Kenyans se plaignent également de devoir suborner des fonctionnaires de justice pour faire avancer leur dossier, sinon on leur répond que leur dossier est « perdu ».Avec le nouveau système numérique, les dossiers numérisés seront sauvegardés informatiquement ce qui rendra plus difficile leur perte. « C’est plus de 7 millions de documents sur 30 millions qui ont été numérisés », dit un fonctionnaire du tribunal. Invité lors d’une réunion, en tant que juge d'appel siégeant à Nairobi, ce magistrat a entendu parler par des avocats de Mombasa d’une application utilisant le nouveau système conçu par le fournisseur de mobile Safaricom et Cisco Systems. « Plus nous traitons rapidement les dossiers et nous rendons la justice, plus que nous améliorons la confiance du public dans son système de justice dans son ensemble » confirme le Président du Tribunal Evans Gicheru. La nouvelle technologie facilitera la transmission, le stockage et la récupération d'informations documentaires pour en finir avec la prolifération des documents papier et ce qui soulagera la demande supplémentaire d’espace de stockage traditionnel. « Dans les deux années à venir le changement sera majeur, si votre dossier est volé des copies numérisées seront disponibles dans l'ordinateur » indique Muchai Samuel, un consultant judiciaire de Nairobi. La Justice introduira également la technologie de l’enregistrement et de l’identification vocale afin que les juges et les magistrats s’abstiennent de prendre des notes d’audition à la main, pour accélérer la procédure et les jugements. « Cette assistance libérerait des juges de la tâche de copier manuellement, parfois in extenso les dépositions des témoins et les arguments des avocats-conseils » nous a indiqué le Président Gicheru.
Boris Collombet








