Informer à l’ère numérique

C’est dans ce contexte que l’AFP (Agence France Presse) a mené, en 2009, une étude à l’échelle internationale « sur les grands problèmes des médias, sur les enjeux liés à la production des contenus et sur les évolutions structurantes de l’écosystème à anticiper pour les années à venir ». L’objectif consiste à s’adapter à ces changements pour concevoir et fournir des produits multimédia à la hauteur des attentes de ses clients.
Portant sur plus de 200 professionnels des médias dans le monde issus de différents secteurs d’activités, l’enquête montre l’étendue des chantiers qui attendent l’Agence, mais aussi le monde des médias, au cours des prochaines années.
Les chantiers sont à la mesure de la diversité des demandes et se caractérisent par: « plus d’image, plus de complémentarité, d’interactivité entre les productions, plus de produits multimédias, plus de souplesse dans le mode de livraison, plus de services proposés aux clients, plus de coopérations avec eux…. ».
Nouvelles exigences éditoriales
Pour les auteurs de l’étude, l’enquête laisse apparaitre plusieurs défis auxquels les médias sont désormais confrontés notamment en termes de contenu éditorial. Il s’agit entre autres de « la culture de l’image, l’information en temps réel, l’avènement du Rich Média ou encore l’exigence de proximité et de nouvelles thématiques ». Il apparait clairement de nouvelles exigences éditoriales entre information en temps réel et besoin d’analyse.
L’enquête rappelle que « l’assassinat de Benazir Bhutto en 2007, la mort de Michael Jackson ou encore l’incroyable atterrissage sur l’Hudson River, tous ces événements ont en commun : ils sont tous été annoncés sur des canaux comme Twitter ». Ce canal est devenu en quelques années, un support incontournable pour les jeunes. Plusieurs éditeurs de presse, de radios et de contenus ont compris la nécessité d’installer Twitter pour assurer l’information en continu. Pour les auteurs du rapport c’est avec « l’explosion de l’Internet, la multiplication des portails d’actualité 24/24 ou encore la démocratisation de la consultation de news en mobilité grâce au mobile et autres clés 3G, la notion d’information en temps réel est devenue une attente forte de la part du grand public et une exigence incontournable des groupes de médias ». Néanmoins, il existe un besoin complémentaire pour une information plus complète et plus analytique avec des décryptages, des dossiers, des enquêtes.
En plus de ces nouvelles exigences éditoriales, le traitement de l’information change également avec de nouvelles thématiques et plus de proximité. Pour les auteurs de l’étude réalisée en partenariat avec BearingPoint, « les consommateurs de news souhaitent désormais une information toujours plus proche de leur quotidien et de leur préoccupation ».
Ces gens sont à la recherche de davantage d’information locale, de plus de divertissement mais également de contenu lifestyle (santé, bien-être, cuisine…. . « Les acteurs interviewés souhaiteraient un traitement de l’information axé sur leur actualité : économie locale, news des personnalités du pays, résultats sportifs des clubs de la région… ».
En clair, pour l’ensemble des médias et agences de presse « l’enjeu semble donc résider, aujourd’hui, dans la capacité à proposer de nouvelles couverture différenciantes en tenant compte des spécificités des nombreuses plateformes de diffusion de l’information ».
Renforcement des partenariats
Pour pérenniser et répondre aux nouvelles exigences éditoriales (ex. couverture de news au niveau local), économique et techniques, les différents médias commencent à examiner, de plus en plus, différentes formes de collaboration.
Le résultat de l’étude présentent trois types de collaboration, même si cette pratique reste relativement limitée : la dimension technologique, le partage de contenus et les accords spécifiques. Cela confirme les mutations observées sur la chaîne de valeur et les nouveaux rapports régnant entre les différents acteurs de l’écosystème. « L’enjeu pour ces derniers semble donc de dépasser le stade de la simple concurrence pour entrer dans l’univers de la coopération, ou à la recherche de synergies et le partage des compétences seront les clés de l’avenir ».
L’étude souligne l’apparition de nouveaux modèles économiques dans le domaine du B2B avec un mode facturation tenant compte des nouvelles réalités économiques et surtout d’une facturation la plus adaptée à l’usage fait des contenus exploités : « abonnement illimité, forfait, formules de facturation à la carte ou partage de revenus, les clients veulent pouvoir choisir entre ces différents modèles et bénéficier de propositions souples et variés ».
Mohamadou Diallo, rédacteur en chef du magazine CIO Mag







