Il y a un an, Cio Mag lançait son premier numéro à Marrakech au Maroc à l’occasion de la seconde édition d’AfroCio, la plate-forme de rencontre pour les DSI africains.
Implantée dans la commune de Richard Toll sur la rive gauche du fleuve Sénégal à 372 km de Dakar, la Compagnie sucrière Sénégalaise assure une production de 100 000 tonnes de sucre par an pour un peu plus de 1 million de tonnes de canne à sucre récolté. Avec un CA consolidé de 57 milliards de francs CFA (87 millions d’euros), la CSS continue à accroître sa capacité de production et son potentiel pour maintenir sa position de leader dans l’industrie sucrière en Afrique de l’Ouest. Avec la nouvelle politique mise en place, sa capacité de production devrait s’établir, d’ici 2010, à 150 000 tonnes afin de garantir la couverture des besoins en sucre pour le pays. La CSS se positionne, aujourd’hui, comme l'une des plus anciennes sociétés industrielles du Sénégal, se modernise aussi grâce aux nouvelles technologies. Ibrahima SOW, le responsable informatique, nous explique le rôle de la DSI dans la compétitivité de son entreprise et l’implémentation d’un nouvel ERP et sa généralisation.
Comment se positionne la DSI au sein de la CSS et quelle est sa légitimité ?
La DSI fait partie aujourd’hui des leviers les plus importants sur lesquels repose toute la stratégie de la CSS. L’évolution de notre système d’information ces deux dernières années a fait de la DSI un véritable support au service de la Direction Générale. La DSI de la CSS occupe aujourd’hui une place de choix dans la stratégie globale de l’entreprise. La DSI de la CSS est sous l’autorité de la Direction Contrôle et Organisation (DCO). Elle jouit cependant d’une importante autonomie d’action dans son fonctionnement. Aujourd’hui, la DSI de la CSS mobilise une dizaine de personnes. Les collaborateurs sont répartis dans différents pôles comme le pôle « Logiciels », le pôle « Infrastructures & Réseau », le pôle « Exploitation » et le pôle « Télécommunications ».
Quelles sont vos missions ?
La DSI de la CSS a pour missions essentielles d’assurer la sécurité et le bon fonctionnement de l’outil informatique et de l’adapter à la stratégie de l’entreprise. Mais aussi de définir, superviser et assurer la mise en œuvre de la politique informatique de l’entreprise en fonction des impératifs fixés par la direction et des besoins exprimés par les directions métiers.
Nous étudions régulièrement les différentes options techniques et organisationnelles, pour en définir les moyens techniques, financiers et humains nécessaires à la mise en œuvre du plan informatique de l’entreprise. En plus de définir les budgets de fonctionnement et d’investissement, nous veillons également à leur bonne exécution. Plus prosaïquement, nous sommes dans une direction transversale, nous définissons des projets globaux et nous assurons support nécessaire à la réalisation des projets métiers de l’entreprise.
Quel est le budget de fonctionnement de la DSI et ratio par rapport au CA global de l’entreprise ?
Nous disposons d’un important budget d’investissement et de fonctionnement même si nous avons levé le pied cette année pour nous permettre de « digérer » les nombreuses évolutions connues ces dernières années, notamment l’ERP.
Quels sont vos projets structurants à court terme?
Nous essayerons à partir de 2009-2010, de faire mieux dans l’innovation et la généralisation de l’ERP. C’est ainsi que nous mettrons essentiellement l’accent sur des projets comme : l’extension de la GMAO et l’acquisition d’un module de gestion de production pour l’usine, le développement d’un logiciel de gestion des opérations culturales et l’acquisition d’un SIG pour le compte de l’exploitation agricole, l’accompagnement dans le projet métier dénommé KT150 qui consiste à porter la production annuelle de la CSS à 150.000 tonnes de sucre afin de rendre le Sénégal autosuffisant pour cette denrée, l’intégration de la voix sur IP au SI de l’entreprise (interopérabilité et communication unifiée)
Justement, en parlant d’ERP, depuis quand l’avez-vous implémenté votre ERP ?
Depuis juillet 2008. Il s’agit d’une nouvelle implémentation en mode internalisé. Nous utilisons l’ERP M3 (Make, Move, Maintain) de LAWSON
Quels ont été les principaux critères de choix de votre ERP ?
Les critères de choix ont été nombreux. Nous pouvons cependant en retenir trois principaux :
- une couverture globale et très élevée des différents domaines de notre métier en tant qu’industrie.
- une très bonne intégration des différents modules de l’ERP
- un ERP qui repose sur une plateforme technique solide et reconnu pour sa fiabilité
La renommée de l’éditeur a été un facteur déterminant dans le choix de votre éditeur puisque nous avions lancé un appel d’offre restreint à une dizaine d’éditeurs seulement.
Quels sont aujourd’hui les bénéfices que vous tirez de cet ERP ?
D’abord, nous avons aujourd’hui plus de visibilités sur l’ensemble des opérations. De plus, l’intégration poussée des différents modules permet une interaction en temps réel des différentes fonctions. L’information est disponible partout en même temps ; il n’est plus nécessaire d’attendre les clôtures de fin de mois pour déverser les écritures de stock en comptabilité. Nous avons choisi de couvrir les plus importants domaines de l’entreprise. C’est ainsi que l’ERP couvre aujourd’hui les achats, les stocks, la gestion commerciale, la logistique, toute la chaîne financière et la GMAO limitée pour le moment à la gestion du parc des véhicules.
Etes-vous satisfaits de votre ERP ?
Nous sommes globalement satisfaits même s’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Nous rencontrons cependant quelques difficultés d’adaptation inhérentes à ce genre de changements. Il faut aussi dire que les ERP ne recèle pas que des avantages, il est important de se préparer à y trouver des tares même si, je le répète encore, on est généralement globalement satisfait.
Quelles évolutions prévoyez-vous pour votre ERP ?
Nous prévoyons à court terme une extension de l’utilisation de la GMAO à l’usine et à moyen terme l’acquisition de la gestion de production.
Encadré
Ibrahima SOW, responsable informatique à la CSS
Nanti d’un diplôme d’ingénieur en informatique de l’université de Dakar, Ibrahima SOW a fait ses premiers pas dans le monde professionnel, il y a une quinzaine d’années, au sein d’une compagnie d’assurance en tant que responsable des projets informatiques. C’est en août 2003, qu’il rejoint la compagnie Sucrière Sénégalaise comme adjoint au Chef de service informatique. C’est en 2006 qu’il devient responsable informatique de la société avec pour mission essentielle d’initier et manager un projet de modernisation des systèmes d’information. A la CSS, la DSI est considérée comme stratégique et est représentée au comité de Direction (CODIR) par la DCO (Direction Contrôle et Organisation).
Le 12/03/2009 Auteur: CIOMag
