Il y a un an, Cio Mag lançait son premier numéro à Marrakech au Maroc à l’occasion de la seconde édition d’AfroCio, la plate-forme de rencontre pour les DSI africains.
Dans la compétition internationale actuelle, le seul véritable avantage concurrentiel, défendable et durable, réside pour l’entreprise, dans sa capacité à maîtriser l’information, en temps réel, à tout moment et en tous lieux pour construire et faire évoluer sa base de connaissance stratégique. Orientée vers la maîtrise de l’information, l’optimisation de la décision et la promotion des coopérations, l’Intelligence Economique d’Entreprise est d’abord une affaire de culture managériale, c'est-à-dire une volonté singulière de penser, de décider et de coopérer afin de mieux agir collectivement.
L’objectif est ici de décrire la raison d’être et les conséquences d’une telle démarche managériale, dont le Système d’Information (SI) constitue à la fois le support naturel et le véritable cœur opérationnel du dispositif d’Intelligence Economique d’Entreprise.
L’IE s’inscrit dans la grande mutation du passage d’une économie industrielle à une économie de réseaux fondée sur la connaissance. Dès lors, au sein même des entreprises, les formes classiques de management sont aujourd’hui mises en doute dans leur capacité à coordonner des actions collectives.
L’alignement entre l’entreprise et ses environnements, allié à la mise en œuvre opérationnelle de nouvelles formes de coopérations, revêt une dimension stratégique de première importance. La captation et la réponse aux stimuli de l’environnement, la lecture des évènements, la production de décisions qui en découlent sont de nature à permettre aux dirigeants d’optimiser la performance de leur firme en créant des opportunités stratégiques et en identifiant des niches d’innovation.
L’Intelligence Economique d’Entreprise peut elle permettre de mieux faire face à ces nouveaux défis ?
=559; L’Intelligence Economique d’Entreprise
La multiplication des informations, des compétences et des savoirs nécessaires pour résoudre des problèmes de plus en plus complexes, exige une coordination étroite entre les différentes parties concernées. Cette exigence est désormais rendue possible grâce à l’interactivité de logiciels de plus en plus efficients, de matériels de plus en plus puissants et de réseaux de télécommunications à hauts débits.
« … Pour une entreprise ou une organisation, l’IE est l’ensemble des moyens qui, organisés en système de management par la connaissance, produit de l’information utile à la prise de décision dans une perspective de performance et de création de valeur pour toutes les parties prenantes… »
Si l’information - ainsi placée au cœur du processus de décision stratégique de l’entreprise - devient un levier majeur de performance, comment faire pour améliorer la compétitivité d’entreprises étendues basées sur un fonctionnement en réseau ?
=550; L’IE d’Entreprise : l’intelligence du management !
La capacité à comprendre son environnement et à anticiper les changements constitue, dorénavant, le facteur-clé de la productivité et de la croissance des firmes. Dans un contexte mondialisé, le management des organisations a replacé les savoirs à la source de la création de valeur. Au regard de ces nouveaux défis, l'objectif désormais poursuivi par l’entreprise est de détenir une triple capacité :
- Capacité à sécuriser son patrimoine immatériel constitué d'informations, de savoirs et de connaissances ;
- Capacité à « influencer avec intégrité » son environnement par des actions de communication et de lobbying.
- Mais surtout, capacité à gérer et exploiter l'information pour produire de la connaissance à visée stratégique, organisationnelle et opérationnelle, en vue de la rendre accessible et utile non seulement au dirigeant, mais aussi à toutes les « parties prenantes », acteurs internes et externes qui contribuent à la compétitivité de l’entreprise et de l’économie.
=559; Un SI adapté à la démarche d’IEE
Le SI permet à l’entreprise d’optimiser ses modes de fonctionnement en fournissant aux différents acteurs concernés, les outils de coordination entre les tâches des diverses unités de l’organisation. Cette nécessaire coordination oblige le système d’information à tout mettre en œuvre pour protéger les données, mais aussi pour récupérer, stocker, traiter, et diffuser à bon escient l’information, fondement du savoir et de la connaissance de l’entreprise.
Pour Patrick Romagni et Valérie Wild, la définition d’un système d’information adapté à la démarche d’Intelligence Economique est la suivante : « Ensemble organisé de procédures permettant, à tout moment, de donner aux décideurs une représentation de la place de l’entreprise dans son environnement et sur son marché. Il produit de l’information pour assister les individus dans les fonctions d’exécution, de gestion et de prise de décision . »
Le Système d’information s’intègre dans le système de gouvernance compétitive de l’entreprise afin de mettre à disposition des décideurs des éléments nécessaires à la prise de décision, de coordonner les actions par le traitement de l’information, de stocker de manière durable et stable les informations et surtout de dynamiser l’action opérationnelle (fonction la plus importante du système d’information car il entraîne la création d’informations directement utilisables par toutes le parties prenantes).
=559; Le DSI, garant du patrimoine technologique et informationnel de l’entreprise
La multiplication d’infrastructures globales d’information nécessite de connaître parfaitement les possibilités et performances offertes par les solutions logicielles du marché. En outre ces projets fédèrent généralement un ensemble d’outils qui touchent le groupe dans sa globalité. Les notions d’interopérabilité des différentes solutions induisent des complications techniques évidentes, car les solutions vendues aujourd’hui doivent s’imbriquer parfaitement dans le système d’information existant.
Technicien et architecte, ses connaissances lui confèrent aussi une légitimité en matière de protection de l’information. Parce qu’il est garant de la sécurité des systèmes d’information, il contribue ainsi à la pérennité du savoir et des connaissances de l’entreprise.
Parce qu’il maîtrise l’ensemble des flux informationnels de l’entreprise, qu’il est capable de les modifier et de les améliorer par ses connaissances techniques et organisationnelles, parce qu’il est le mieux placé pour sécuriser l’information et visionner une grande partie des menaces, le DSI peut être le « chef d’orchestre » capable de sensibiliser les parties prenantes et de proposer des solutions aux dirigeants et aux métiers pour asseoir la démarche d’Intelligence Economique au sein de l’entreprise.
La compétitivité de l’organisation dépend de sa capacité à gérer de manière efficace des processus transversaux. Pour permettre une gestion optimale de la connaissance, elle doit s’appuyer sur une infrastructure informationnelle dont les systèmes d’information constituent la clé de voûte. Cette architecture transversale facilite le management global de l’information et par essence même l’implémentation du concept d’Intelligence Economique au sein de toutes les entreprises.
Responsable des systèmes d’information, le DSI joue un rôle essentiel pour lancer de tels projets. Il est un facilitateur des démarches menées au sein de la firme. Il les instrumente, aide à leur mise en place, les coordonne et participe ainsi à la mise en relation des différents acteurs. Véritable architecte des flux informationnels, sa connaissance des projets transverses lui confère une légitimité pour développer une structure globale d’information.
Dès lors, l’intelligence Economique d’Entreprise ne se limite pas à une simple action de veille environnementale ; Véritable système destiné à optimiser en continu l’état d’information (interne et externe) de l’entreprise, elle s’impose de fait comme un puissant levier au service du management stratégique et de la gouvernance compétitive des organisations, capable d’amener toutes les parties prenantes non seulement à se préparer à des changements attendus (préactivité) mais surtout à leur permettre d’influencer (avec intégrité) leurs environnements (proactivité).
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*Délégué Général CIGREF
Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises
Membre Permanent de l’Académie d’Intelligence Economique
Président du Cercle IE d’Entreprise – HEC - Executive MBA -CPA
jfp@cigref.fr
Le 09/07/2008 Auteur: CIOMag