Il y a un an, Cio Mag lançait son premier numéro à Marrakech au Maroc à l’occasion de la seconde édition d’AfroCio, la plate-forme de rencontre pour les DSI africains.
Avec près de 14 millions de clients, Orascom Telecom Algérie s’impose comme le leader du marché des télécommunications en Algérie. Ramzi CHMAITILLY, le directeur des systèmes d’information nous explique le rôle et la place des systèmes d’information dans la création de valeur.
En tant que DSI de l’un des plus importants opérateurs de télécommunications en Afrique, pouvez-vous nous expliquer le rôle et la place des systèmes d’information dans les performances de votre entreprise ?
Nous sommes une jeune entreprise au cœur de l’évolution technologique. Depuis la création d’OTA, la direction des systèmes d’information a toujours été considérée comme un département un levier important pour le développement de notre compagnie. D’ailleurs, en tant que DSI, je siège au comité exécutif de l’entreprise. Comme toutes les compagnies modernes, les professionnels de Djezzy utilisent les outils les plus modernes pour leur travail. Et le rôle de ma direction est de veiller à ce que ces outils soient disponibles à temps et en heure pour contribuer à la performance et à l’efficacité du travail.
Comment vos systèmes d’information sont-ils organisés ?
La DSI mobilise aujourd’hui près de 200 personnes pour un budget annuel de fonctionnement (Capex et Opex) de 30 millions de dollars. Les systèmes sont organisés en deux parties : le système d’information dédié à la clientèle et le système d’information entreprise.
Le système d’information clientèle comprend notamment la facturation en post et prépaiement, le système de gestion de la relation clients et la plate-forme de gestion des services à valeur ajoutée etc…ce système nous permet de gérer nos relations avec nos clients et autres partenaires. Récemment, nous avons fusionné les plateformes post et prépayés afin de faire face à la convergence des technologies.
Le système d’information entreprises quant à lui comporte notre système décisionnel (datawarehouse) lequel fournit les tableaux de bord nécessaires aux professionnels tels que les commerciaux, les financiers pour leur permettre d’analyser, d’identifier et de comprendre les comportements, les besoins et les attentes des consommateurs. Cet outil donne également accès aux managers de l’entreprise des informations très fines sur les performances de l’entreprise en temps réel mais aussi de l’état d’avancement des produits et services que nous lançons sur le marché.
Nous avons également d’autres solutions comme le portail d’entreprise, les applications de gestion, les outils collaboratifs et la bureautique qui permettent d’automatiser les processus et d’améliorer la productivité des services.
Nous estimons que la maîtrise de tous ces services que nous mettons à la disposition du personnel contribue à rendre plus performantes nos prestations et contribue à renforcer notre leadership sur le marché algérien des télécommunications. Nous pensons que la qualité et la fiabilité de notre système d’information reste un facteur déterminant dans les performances de notre entreprise. La qualité et la disponibilité de l’information en temps réel jouent un rôle prépondérant pour les plateformes opérationnelles en vue de prendre les bonnes décisions au bon moment. Cela repose en grande partie sur un système d’information robuste et fiable.
OTA s’apprête à lancer « Yalla » son offre multimédia mobile. En quoi consiste au juste cette offre ?
Yalla est notre futur portail Wap que nous comptons lancer dans les tout prochains jours pour fournir différents services multimédias à nos abonnés. Le mot Yalla est tiré de l’arabe et signifie « allons-y » en français ou « Lets go » en anglais. Le portail sera évolutif et sa vocation est d’être le d’accès multimédia de référence pour le consommateur algérien. Nos clients pourront ainsi télécharger un certain nombre de nouveaux services. Le lancement est imminent, nous leur réservons de belles surprises.
Quelle est la cible visée par cette offre ?
Cette offre s’adresse aussi bien aux particuliers qu’aux professionnels. D’autant plus qu’aujourd’hui, les consommateurs algériens n’ont pas réellement accès aux offres mobile internet pour diverses raisons. D’une part, la majorité des terminaux disponibles sur le marché ne dispose pas d’outils de navigation pour accéder à Internet et d’autre part, le service Internet mobile n’est pas encore disponible en Algérie. Nous pensons qu’un portail Wap leur permettra de palier ce manque.
C’est un service supplémentaire que nous offrons à nos clients pour les fidéliser et renforcer notre positionnement en tant que leader du marché mobile. Pour nous, la fidélisation du client constitue notre objectif majeur et cela passe par la satisfaction du client qui continuera à disposer de produits et de services de qualité. En Algérie, comme dans les autres pays du Maghreb, le marché de la téléphonie mobile se caractérise par l’achat de cartes prépayées, à plus de 98 %. D’où une volatilité extrême de la clientèle lors du rechargement de la carte.
A quand la licence 3G pour Djezzy ? Pensez-vous qu’il y a une réelle volonté de la part des autorités, notamment l’agence de régulation pour développer l’Internet mobile en Algérie ?
Le dossier est en cours d’instruction au niveau de l’ARPT (Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications). En tant qu’opérateur leader sur le marché algérien, nous sommes associés à ces travaux. Nous nous tenons prêts pour proposer les meilleures solutions à nos clients dès que les conditions de mise en place de la 3G seront réunies.
Toujours dans le chapitre des innovations, plusieurs opérateurs s’orientent de plus en plus vers le MPayement, quelle est la stratégie d’OTA vers le paiement mobile ?
Nous avons aujourd’hui plusieurs projets relatifs à l’utilisation des terminaux mobiles pour faciliter la vie des clients. Le paiement mobile en fait partie. Nous estimons qu’il ne sert à rien de brûler les étapes. Nous étudions la meilleure solution pour nos clients tout en respectant la loi algérienne. C’est à nous de nous adapter aux besoins du client et non pas l’inverse.
Le 14/05/2009 Auteur: CIOMag