Portraits

Quatre Tendances lourdes de l'évolution de la fonction DSI


Trois questions à Taïeb DEBBAGH, Docteur en informatique des organisations et Secrétaire Général au Ministère de l’Industrie, du Commerce et des Nouvelles Technologies du Maroc. Certifié en Audit des Systèmes d’Information (CISA), Taïeb Debbagh est également Membre du « High Level Expert Group – Global CybersecurityAgenda à l’Union Internationale des Télécommunications », il livre à Cio Mag, sa vision de l’évolution de la fonction DSI.


Comment analysez-vous l’évolution de la fonction DSI ?

En tant qu’ancien Consultant, je vois plusieurs tendances lourdes pour l’évolution de la fonction. Il faut désormais que les DSI intègrent quatre points fondamentaux pour ce qui est de l’orientation et de l’avenir de leur fonction : il faut d’abord qu’ils s’habituent au fait qu’ils auront de moins en moins de données et d’informations chez eux. L’hébergement se fera à l’extérieur des organisations ; deuxièmement, ils auront de moins en moins à gérer des applicatifs maison mais plutôt des web services et qu’ils seront de plus en plus amenés à chercher à travers le net ; troisième évolution, l’ordinateur sera de plus en plus léger et portable. Léger au niveau poids mais aussi au niveau des logiciels contenus ; enfin la quatrième tendance lourde réside dans le collaboratif dans le cadre de « communautés d’intérêt ». Il faut justement que les DSI intègrent le fait que c’est autour de ces communautés d’intérêt qu’ils échangeront avec plusieurs personnes et avec lesquelles ils partagent les mêmes préoccupations. C’est toute la démarche de l’entreprise 2.0.

Quel serait pour vous le versant négatif de l’Internet ?

Internet fonctionne comme les différentes autres inventions. Avec l’électricité, il y avait et il y a toujours les risques d’électrocution. Ce n’est pas pour autant qu’on ne se l’est pas approprié au point de plus nous en passer. C’est exactement pareil avec l’Internet, mais on ne peut pas non plus occulter les dangers au point d’en ignorer les bénéfices qu’il représente pour la société. Il faut être vigilant sur les risques qu’il représente. En partenariat avec l’Union Internationale des Télécommunications, nous menons un combat pour lutter contre la cybercriminalité pour nous protéger et protéger nos enfants contre différents phénomènes que nous connaissons aujourd’hui. C’est n’est pas pour autant que l’on pourra interdire Internet. On ne peut aller à contre-courant de l’évolution de la société de l’information. A mon sens, Internet finira par s’autoréguler et s’imposera comme le principal support pour les échanges d’informations.

D’où vous vient cette passion de l’informatique ?

Cette passion date du début des années 1970 durant les années du baccalauréat. A l’époque, j’avais clairement affiché l’ambition de m’orienter vers l’informatique avec ou sans le bac. Je me suis finalement orienté vers la filière math physique à Paris. C’est durant l’année universitaire 1972-1973 que je me suis inscrit dans le premier module d’informatique. C’est à partir de là que l’informatique est entrée dans ma vie et j’ai poursuivi ce cursus en m’inscrivant à la MIAG de Paris-Dauphine, avant de soutenir mon doctorat en Informatique des organisations, au sein de la même université.


Le 28/07/2008 Auteur: CIOMag


Afrocio 2010